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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/491

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et il s’habilla afin de se rendre chez sa mère pour lui faire signer une procuration.

Anna l’entendit quitter son cabinet et la salle à manger, s’arrêter dans l’antichambre pour y donner quelques ordres relatifs au cheval qu’il venait de vendre ; elle entendit avancer la calèche et ouvrir la porte d’entrée ; quelqu’un remonta précipitamment l’escalier, elle courut à la fenêtre, et vit Wronsky prendre des mains de son valet de chambre une paire de gants oubliée, puis toucher le dos du cocher, lui dire quelques mots, et, sans lever les yeux vers la fenêtre, se renverser dans sa pose habituelle au fond de la calèche, en croisant une jambe sur l’autre. Au tournant de la rue il disparut aux yeux d’Anna.


CHAPITRE XXVII


« Il est parti, c’est fini ! » se dit-elle debout à la fenêtre ; et l’impression d’horreur causée la nuit par son cauchemar et par la bougie qui s’éteignait l’envahit tout entière. Elle eut peur de rester seule, sonna et courut au-devant du domestique.

« Informez-vous de l’endroit où le comte s’est fait conduire.

— Aux écuries, répondit le valet, et l’ordre a été donné de prévenir madame que la calèche allait rentrer et serait à sa disposition.

— C’est bon, je vais écrire un mot que vous porterez immédiatement aux écuries. »