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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/467

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figurer maintenant en traits généraux… dit Oblonsky, répondant au regard profond de la comtesse par un regard caressant, tout en songeant à celui des deux ministres auprès duquel elle pourrait le plus efficacement le servir.

— Cette transformation ne saurait porter atteinte à son amour pour le prochain, au contraire, elle l’élève, l’épure ; mais je crains que vous ne compreniez pas.

— Pas tout à fait, comtesse ; son malheur…

— Oui, son malheur est devenu la cause de son bonheur, puisque son cœur s’est éveillé à Lui », dit-elle en plongeant ses yeux pensifs dans ceux de son interlocuteur.

« Je crois qu’on pourra la prier de parler à tous les deux », pensa Oblonsky.

« Certainement, comtesse, mais ce sont des questions intimes qu’on n’ose pas aborder.

— Au contraire, nous devons nous entr’aider.

— Sans aucun doute, mais les différences de conviction, et d’ailleurs… dit Oblonsky avec son sourire onctueux.

— Je crois qu’il va s’endormir », dit Alexis Alexandrovitch s’approchant de la comtesse pour lui parler à voix basse.

Stépane Arcadiévitch se retourna ; Landau s’était assis près de la fenêtre, le bras appuyé sur un fauteuil, et la tête baissée ; il la releva et sourit d’un air enfantin en voyant les regards tournés vers lui.

« Ne faites pas attention, dit la comtesse avan-