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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/463

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tête qui commençait à le gêner, n’ayant aucun goût pour Betsy.

« Ah ! vous voilà, dit la grosse princesse en l’apercevant, et que fait votre pauvre sœur ? Depuis que des femmes qui font cent fois pis qu’elle, lui jettent la pierre, je l’absous complètement. Comment Wronsky ne m’a-t-il pas avertie de leur passage à Pétersbourg ? J’aurais mené votre sœur partout. Faites-lui mes amitiés et parlez-moi d’elle.

— Sa position est fort pénible, » commença Stépane Arcadiévitch.

Mais la princesse, qui poursuivait son idée, l’interrompit : « Elle a d’autant mieux fait que c’était pour planter là cet imbécile, – je vous demande pardon, – votre beau-frère, qu’on a toujours voulu faire passer pour un aigle. Moi seule ai toujours protesté, et l’on est de mon avis, maintenant qu’il s’est lié avec la comtesse Lydie et Landau. Cela me gêne d’être de l’avis de tout le monde.

— Vous allez peut-être m’expliquer une énigme ; hier, à propos du divorce, mon beau-frère m’a dit qu’il ne pouvait me donner de réponse avant d’avoir réfléchi, et un matin je reçois une invitation de Lydie Ivanovna pour passer la soirée ?

— C’est bien cela, s’écria la princesse enchantée : ils consulteront Landau.

— Qui est Landau ?

— Comment, vous ne savez pas ? Le fameux Jules Landau, le clairvoyant ? Voilà ce que l’on gagne à vivre en province ! Landau était commis