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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/425

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du portrait, en toilette simple et montante, qui ne prêtait pas au déploiement de sa beauté, mais ayant ce charme souverain si bien compris de l’artiste.


CHAPITRE X


Elle s’avança vers lui et ne dissimula pas le plaisir que lui causait sa visite ; avec l’aisance et la simplicité d’une femme du meilleur monde, elle lui tendit une petite main énergique, le présenta à Varkouef et lui nomma la jeune fille assise avec son ouvrage près de la table.

« Je suis très heureuse de faire votre connaissance, car il y a longtemps que vous ne m’êtes plus un étranger, grâce à Stiva et à votre femme. Je n’oublierai jamais l’impression que celle-ci m’a faite ; on ne peut comparer cette charmante personne qu’à une jolie fleur ; et j’apprends qu’elle sera bientôt mère ? »

Elle parlait sans se presser, regardant tour à tour Levine et son frère, et mettant son nouveau visiteur à l’aise, comme s’ils se fussent connus depuis leur enfance.

Oblonsky lui demanda si on pouvait fumer.

« C’est pour cela que nous nous sommes réfugiés dans le cabinet d’Alexis », répondit-elle en avançant un porte-cigarettes d’écaille à Levine, après y avoir pris une cigarette.

« Comment vas-tu aujourd’hui ? dit Stiva.