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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/414

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cales, il aperçut le comte Bohl, et la visite qu’il devait faire lui revint à l’esprit.

« Allez-y bien vite, dit Nathalie, à laquelle il confia ses remords, et qu’il devait accompagner à une séance publique d’un comité slave. Peut-être la comtesse ne reçoit-elle pas. Vous viendrez ensuite me rejoindre. »


CHAPITRE VI


« On ne reçoit peut-être pas ? demanda Levine en entrant dans le vestibule de la maison Bohl.

— Si fait, veuillez entrer », répondit le suisse en ôtant résolument la fourrure du visiteur.

« Quel ennui ! pensa Levine qui retirait un de ses gants en soupirant, et tournait mélancoliquement son chapeau entre ses mains. Que vais-je leur dire ? et que suis-je venu faire ici ! »

Dans le premier salon il rencontra la comtesse qui donnait d’un air sévère des ordres à un domestique ; son visage se radoucit en apercevant Levine, et elle le pria d’entrer dans un boudoir où ses deux filles causaient avec un officier supérieur. Levine entra, salua, s’assit près d’un canapé, et posa son chapeau entre ses genoux.

« Comment va votre femme ? Vous venez du concert ? nous n’avons pu y aller », dit une des jeunes filles.

La comtesse parut, s’assit sur le canapé et, se tournant vers Levine, reprit la série des mêmes ques-