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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/410

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tiques. Malgré une différence d’âge assez considérable et des opinions très dissemblables, ces deux hommes s’étaient pris d’amitié l’un pour l’autre.

Levine trouva son beau-frère en tenue d’intérieur, lisant avec un pince-nez, debout devant un pupitre ; le visage de Lvof, d’une expression encore pleine de jeunesse, et auquel une chevelure frisée et argentée donnait un air aristocratique, s’éclaira d’un sourire en voyant entrer Levine, qui ne s’était pas fait annoncer.

« J’allais envoyer prendre des nouvelles de Kitty, dit-il ; comment va-t-elle ? et il avança un fauteuil américain à bascule. Mettez-vous là, vous y serez mieux. Avez-vous lu la circulaire du Journal de Saint-Pétersbourg ? Elle est fort bien », demanda-t-il avec un léger accent français.

Levine raconta ce qui lui avait été dit des bruits en circulation à Pétersbourg, et, après avoir épuisé la question politique, il conta son entretien avec Métrof, et la séance de l’Université.

« Combien je vous envie vos relations avec cette société de professeurs et de savants ! dit Lvof qui l’avait écouté avec le plus vif intérêt. Je ne pourrais, il est vrai, en profiter comme vous, faute de temps et d’une instruction suffisante.

— Je me permets de douter de ce dernier point, répondit en souriant Levine, que cette humilité toucha par sa simplicité.

— Vous ne sauriez croire à quel point je le constate, maintenant que je m’occupe de l’éducation de mes fils ; non seulement il s’agit de me rafraîchir