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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/41

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sière dont Anitchkine est un digne représentant.

— En tout cas, il est très bon enfant, répondit Stépane Arcadiévitch. Je sors de chez lui, nous avons déjeuné ensemble, et je lui ai appris à faire une boisson, tu sais, avec du vin et des oranges. »

Stépane Arcadiévitch consulta sa montre.

« Hé bon Dieu, il est quatre heures passées ! et j’ai encore une visite à faire ! C’est convenu, tu viens dîner, n’est-ce pas ? tu nous ferais, à ma femme et à moi, un vrai chagrin en refusant. »

Alexis Alexandrovitch reconduisit son beau-frère tout autrement qu’il ne l’avait accueilli.

« Puisque j’ai promis, j’irai, répondit-il mélancoliquement.

— Merci, et j’espère que tu ne le regretteras pas. »

Et, tout en remettant son paletot, Oblonsky secoua le domestique par la tête et sortit.


CHAPITRE IX


Cinq heures avaient sonné lorsque le maître de la maison rentra et rencontra à sa porte Kosnichef et Pestzoff. Le vieux prince Cherbatzky, Karénine, Tourovtzine, Kitty et le jeune Cherbatzky étaient déjà réunis au salon. La conversation y languissait. Dolly, préoccupée du retard de son mari, ne parvenait pas à animer son monde, que la présence de Karénine, en habit noir et cravate blanche selon l’usage pétersbourgeois, glaçait involontairement.

Stépane Arcadiévitch s’excusa gaiement et, avec