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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/406

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ceptions de Katavasof découlait de la pauvreté de nature de son ami ; Katavasof pensait que l’incohérence d’idées de Levine provenait d’un manque de discipline dans l’esprit ; mais la clarté de Katavasof plaisait à Levine, et la richesse d’une pensée indisciplinée chez ce dernier était agréable à l’autre ». Le professeur avait décidé Levine à lui lire une partie de son ouvrage ; frappé par l’originalité de quelques points de vue, il proposa à Levine de le mettre en rapports avec un savant éminent, le professeur Métrof, qui se trouvait momentanément à Moscou, et auquel il avait parlé des travaux de son ami.

La présentation se fit très cordialement ce jour-là. Métrof, homme aimable et bienveillant, commença par aborder la question à l’ordre du jour : le soulèvement du Montenegro ; il parla de la situation politique, et cita quelques paroles significatives prononcées par l’Empereur et qu’il tenait de source certaine ; ce à quoi Katavasof opposa des paroles d’un sens diamétralement opposé et de source également certaine, laissant Levine libre de choisir entre les deux versions.

« Monsieur est l’auteur d’un travail sur l’économie rurale, dont l’idée fondamentale me plaît beaucoup en ma qualité de naturaliste. Il tient compte du milieu dans lequel l’homme vit et se développe, ne l’envisage pas en dehors des lois zoologiques, et l’étudie dans ses rapports avec la nature.

— C’est fort intéressant, dit Métrof.