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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/392

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« On dansera après, et tu verras notre beauté, qui est remarquable.

Not in my line », répondit en souriant Wronsky, mais il promit d’y aller.

Au moment où l’on allumait des cigares en sortant de table, le valet de chambre de Wronsky s’approcha de lui, portant un billet sur un plateau :

« De la campagne ; un messager l’apporte à l’instant. »

Le billet était d’Anna, et avant de l’ouvrir Wronsky savait déjà ce qu’il renfermait ; il avait promis de rentrer le vendredi, mais, les élections s’étant prolongées, il se trouvait encore absent le samedi ; la lettre devait être pleine de reproches et avoir devancé celle qu’il avait expédiée la veille pour expliquer son retard. Le contenu du billet fut plus pénible encore qu’il ne s’y attendait ; Anny était très malade, et le médecin craignait une inflammation.

« Je perds la tête à moi toute seule ; la princesse Barbe, au lieu d’une aide, n’est qu’un embarras. Je t’attendais avant-hier soir, et t’envoie un messager pour savoir ce que tu deviens ; je serais venue moi-même si je n’avais craint de t’être désagréable. Donne une réponse quelconque, afin que je sache ce que je dois faire. »

L’enfant était gravement malade et elle avait voulu venir elle-même !

Le contraste de cet amour exigeant et de l’amusante réunion qu’il fallait quitter frappa désagréa-