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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/373

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— Il le faudra bien. »

Dolly ayant retrouvé ses enfants en bonne santé ressentit une meilleure impression de son voyage ; elle décrivit avec animation le luxe et le bon goût de l’installation de Wronsky, la cordialité de la réception qui lui avait été faite, et n’admit aucune observation critique.

« Il faut, pour les comprendre, les voir chez eux, — disait-elle, oubliant volontairement le malaise qu’elle avait ressenti, – et je sais maintenant qu’ils sont bons. »


CHAPITRE XXV


Wronsky et Anna passèrent à la campagne la fin de l’été et une partie de l’automne, sans faire aucune démarche pour régulariser leur situation, mais résolus à rester chez eux. Rien de ce qui constitue le bonheur ne leur manquait en apparence ; ils étaient riches, jeunes, bien portants, ils avaient un enfant, leurs occupations leur plaisaient, et cependant après le départ de leurs hôtes ils sentirent que leur vie devait forcément subir quelque modification.

Anna continuait à prendre le plus grand soin de sa personne et de sa toilette ; elle lisait beaucoup, et faisait venir de l’étranger les ouvrages de valeur que citaient les revues ; aucun des sujets pouvant intéresser Wronsky ne lui restait indifférent ; douée d’une mémoire excellente, elle l’étonnait par ses connaissances agronomiques et