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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/144

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beaux bras pour réparer un petit désordre survenu à la coiffure de sa sœur.

Dolly s’approcha à son tour et voulut parler, mais l’émotion lui coupa la parole, et elle se mit à rire nerveusement.

Kitty regardait ceux qui l’entouraient d’un air aussi absent que Levine.

Pendant ce temps, les desservants avaient revêtu leurs habits sacerdotaux, et le prêtre, accompagné du diacre, vint se placer devant le pupitre posé à l’entrée des portes saintes : il adressa à Levine quelques mots, que celui-ci ne comprit pas.

« Prenez la main de votre fiancée et approchez », lui souffla le garçon d’honneur.

Incapable de saisir ce qu’on réclamait de lui, Levine faisait le contraire de ce qu’on lui disait. Enfin, au moment où, découragés, les uns et les autres voulaient l’abandonner à sa propre inspiration, il comprit que de sa main droite il devait prendre, sans changer de position, la main droite de sa fiancée. Le prêtre fit alors quelques pas et s’arrêta devant le pupitre. Les parents et les invités suivirent le jeune couple ; il se produisit un murmure de voix et un froufrou de robes. Quelqu’un se baissa pour arranger la traîne de la mariée, puis un silence si profond régna dans l’église, qu’on entendait les gouttes de cire tomber des cierges.

Le vieux prêtre, en calotte, ses cheveux blancs, brillants comme de l’argent, retenus derrière les oreilles, retira ses petites mains ridées de dessous sa