Ouvrir le menu principal

Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/111

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et de te briser. Je te comprends. Je sens que tu ne peux prendre sur toi d’exprimer tes sentiments, tes désirs.

— Je ne désire rien, rien, sinon que tout cela finisse.

— Crois-tu qu’il ne s’en aperçoive pas ? Crois-tu qu’il ne souffre pas aussi ? Et que peut-il résulter de toutes ces tortures ? Le divorce au contraire résoudrait tout. »

Stépane Arcadiévitch n’avait pas achevé sans peine, et, son idée principale énoncée, il regarda Anna pour en observer l’effet.

Elle secoua la tête négativement sans répondre, mais son visage rayonna un instant d’un éclair de beauté, et il en conclut que si elle n’exprimait pas son désir, c’est que la réalisation lui en paraissait trop séduisante.

« Vous me faites une peine extrême ! combien je serais heureux d’arranger cela ! dit Stépane Arcadiévitch en souriant avec plus de confiance. Ne dis rien ! Si Dieu me permettait d’exprimer tout ce que j’éprouve ! Je vais le trouver. »

Anna le regarda de ses yeux brillants et pensifs, et ne répondit pas.


CHAPITRE XXII


Stépane Arcadiévitch entra dans le cabinet de son beau-frère avec le visage solennel qu’il cherchait à prendre lorsqu’il présidait une séance de son con-