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l’amour sexuel changent ; que les hommes et les femmes soient élevés dans les familles et par l’opinion publique de telle façon qu’avant et après le mariage, ils ne regardent pas la passion amoureuse et l’amour sexuel lié à lui, comme quelque chose de poétique et de sublime, ainsi qu’on le fait maintenant, mais qu’ils les regardent comme quelque chose de bestial, d’humiliant pour l’homme. Il faudrait que la violation de la promesse de fidélité donnée au mariage fut punie par l’opinion publique, au moins de la même façon dont elle punit les violations des contrats d’argent, les fraudes commerciales et qu’on ne la glorifiât pas, comme on le fait maintenant dans les romans, dans les chansons, les opéras, etc.

Voilà pour le second point.

Troisièmement. Je crois que dans notre société, grâce à la même importance faussement attribuée à l’amour sexuel, la naissance des enfants a perdu son sens. Au lieu d’être le but et la justification des relations conjugales, elle est devenue un empêchement à la continuation agréable des relations amoureuses. De sorte que, en dehors du mariage, ou dans le mariage, sur les conseils des serviteurs de la science médicale, l’emploi des moyens qui privent la femme de la possibilité de produire les enfants commence à se répandre. Ou bien c’est devenu une coutume, une habitude, — ce qui n’était pas auparavant, et ce qui n’a pas lieu encore