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XV

— Durant tout le temps de mon mariage, jamais je ne cessai d’éprouver la jalousie et d’en souffrir. Il y eut des périodes où j’en souffris plus violemment. La première fois ce fut après la naissance de notre premier enfant, quand les médecins eurent défendu à ma femme de nourrir. Je fus particulièrement jaloux, d’abord parce que ma femme éprouvait cette inquiétude propre à la mère quand l’ordre régulier de la vie est interrompu sans sujet, mais surtout je fus jaloux quand je vis avec quelle facilité elle renonçait à ce devoir moral de mère, d’où je conclus, avec raison, bien qu’inconsciemment, qu’elle rejetterait aussi facilement le devoir conjugal, d’autant qu’elle se portait parfaitement puisque, malgré la défense des chers docteurs, elle allaita les enfants suivants et même très bien.