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XIV

— Et voilà, je vécus en pareil cochon, continua-t-il reprenant son ton ancien. Le pire c’est que, vivant de cette facon ignoble, je croyais, parce que je ne me laissais pas séduire par les autres femmes, que je menais une vie de famille honnête, que j’étais un être moral, et que si nous avions des querelles, la faute en était à ma femme, à son caractère. Mais il est évident que la faute ne venait pas d’elle. Elle était comme tout le monde, comme la majorité. Elle avait été élevée d’après les principes exigés par la société qui était la nôtre, c’est-à-dire comme sont élevées, sans exception, toutes les jeunes filles de notre classe riche et comme elles le sont nécessairement. On parle de je ne sais quelle nouvelle éducation des femmes. Mais ce ne sont là que de vaines paroles : l’éducation des femmes résulte de la véritable vocation de la femme