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j’étais perdu, que j’avais ce que je n’attendais pas, et que le mariage non seulement n’est pas le bonheur, mais une épreuve pénible. Cependant, comme tout le monde, je me refusais à l’avouer (je ne l’aurais jamais avoué, n’eût été le dénouement) et je le cachais non seulement aux autres, mais à moi-même. Je m’étonne maintenant de n’avoir pas vu alors ma situation vraie. C’était cependant facile avec ces querelles commencées pour des motifs si futiles qu’on ne pouvait ensuite se les rappeler. La raison ne pouvait trouver de prétextes suffisants pour notre haine tenace l’un envers l’autre. De même n’en trouvait-elle pas pour la réconciliation. Parfois des paroles, des explications, des larmes même, mais parfois… oh ! j’ai honte à me le rappeler maintenant, après des mots injurieux, arrivaient les sourires, les baisers, les enlacements… Abomination ! Comment ne percevais-je pas alors toute cette vilenie…