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VI

— Non, d’ailleurs, c’est mieux ainsi, mieux ainsi ! — s’écria-t-il. — Je l’ai mérité ! Mais il ne s’agit pas de cela. Je voulais dire que dans ces cas-là ce sont les pauvres jeunes filles seules qui sont trompées.

Quant aux mères, aux mères surtout, instruites par leurs maris, elles savent tout fort bien. Elles feignent de croire à la pureté du jeune homme et agissent en réalité tout autrement : elles savent de quelle façon il faut amorcer les jeunes gens pour elles-mêmes et pour leurs filles.

Nous autres, hommes, nous péchons par ignorance, et parce que nous ne voulons pas apprendre ; quant aux femmes, elles savent très bien, elles, que l’amour le plus noble, le plus poétique, comme nous l’appelons, dépend non pas des qualités morales mais d’une intimité physique, et aussi de la