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teau, quitta la maison, et, sans se reposer, poursuivit sa route. Le lendemain au soir il arriva au village chrétien.

Il fut accueilli avec joie, bien qu’on ne sut pas qu’il était l’ami personnel de Pamphile, lequel était aimé et respecté de tous. À table, Pamphile aperçut son ami et, avec un sourire aimable, s’approcha de lui et l’embrassa.

— Me voici enfin ! s’écria Jules. Dis-moi ce que je dois faire, je t’obéirai.

— Ne t’inquiète pas de cela, répondit Pamphile. Sortons ensemble.

Pamphile emmena Jules à la maison réservée aux passants, et, lui ayant désigné son lit, il lui dit :

— Tu verras comment tu peux être utile aux autres. Tu n’auras qu’à regarder autour de toi quand tu seras plus au courant de nos habitudes. Pour demain je te dirai ce que tu peux faire. Dans les jardins on cueille maintenant les raisins : va et aide là-bas. Tu verras toi-même où est ta place.

Le matin, Jules alla aux vignes. La première était une jeune plantation aux grappes belles et abondantes. Des jeunes gens étaient occupés à les cueillir et les emporter. Toutes les places étaient prises. Jules marcha longtemps, de tous côtés, sans trouver de place. Il alla plus loin et arriva à une plantation plus vieille où la récolte était moins abondante, mais ici encore, il n’y avait rien à faire