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gnage, l’hypocrisie, la duplicité, la ruse, l’orgueil, la malice, le blasphème, l’envie, l’insolence, l’arrogance. On y trouve aussi les persécuteurs des justes, les ennemis de la vérité, les menteurs, ceux qui nient qu’il y aura une récompense pour les justes, ceux qui restent éloignés de ce que est droit et du jugement équitable, ceux qui sont disposés non pour le bien mais pour le mal ; ceux qui ne connaissent point l’humilité et la patience. Là se trouvent également les hommes épris de vanité et ne cherchant que des récompenses, ceux qui ne se sentent aucune pitié pour le prochain, qui n’aident point ceux qui sont surchargés, qui ne connaissent point leur Créateur ; ceux qui font périr les enfants, qui brisent l’image de Dieu, qui se détournent des malheureux et foulent aux pieds les opprimés ; les défenseurs des riches, les juges injustes des pauvres, les pécheurs endurcis ! Prenez garde, mes enfants et fuyez de tels hommes ! »

Longtemps avant d’avoir achevé le manuscrit, Jules se sentait dans l’état où se trouvent ceux qui lisent un livre — c’est-à-dire les pensées des autres — avec un désir véritable de saisir la vérité : leur âme entre en communion avec ceux qui ont eu ces pensées. Il lisait en devinant ce qui allait suivre, non-seulement acceptant les idées mais leur donnant même une forme.

Il lui arriva à ce moment quelque chose de très ordinaire qui échappe généralement à l’attention,