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Elle provient de ce que, sous prétexte de rendre un culte à la beauté et à la déesse Vénus, vous donnez libre cours à votre ardeur sensuelle, tandis que nous, au contraire, nous l’évitons, non parce que nous croyons que c’est un mal (Dieu n’a créé aucun mal), mais parce que le bien peut devenir un mal quand il n’est pas maintenu à sa place. Dans ce cas nous l’appelons le scandale, et nous faisons tous nos efforts pour l’éviter. Voilà pourquoi je ne suis pas encore marié, mais rien ne m’empêche de me marier demain.

— Qu’est-ce qui déterminera ton choix ?

— La volonté de Dieu.

— Comment la reconnaîtras-tu ?

— Si on ne cherche jamais sa manifestation, on ne la trouve jamais, mais si l’on cherche on trouve toujours des indications claires, aussi claires que la divination dans les sacrifices, le vol des oiseaux. Vous avez parmi vous des sages qui interprètent la volonté des dieux d’après leurs propres connaissances et les signes révélés par les entrailles des victimes ou le vol des oiseaux ; nous aussi nous avons nos sages qui nous font connaître la volonté du Père par la révélation du Christ, par ce que leur dicte leur cœur, par les pensées des autres, et surtout par l’amour pour leurs semblables.

— Tout cela est bien vague, objecta Jules. Qui t’indiquera, par exemple, avec qui et quand tu dois te marier ? Pour moi, lorsque le moment vint de me