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et saluer au passage une personne de la famille impériale.

Tandis qu’on causait ainsi d’Alexis Alexandrovitch, le critiquant, le ridiculisant, lui, barrait le chemin à un membre du conseil de l’Empire qu’il ne voulait pas lâcher avant de lui avoir exposé son projet financier.

Presque en même temps qu’il avait été abandonné par sa femme, Alexis Alexandrovitch s’était trouvé dans une situation pénible pour un fonctionnaire, il avait vu s’arrêter la marche ascendante de sa carrière. Lui-même ne se rendait peut-être pas compte qu’elle était terminée, mais tous le voyaient.

Était-ce le conflit avec Strémov, ou ses malheurs conjugaux, ou tout simplement était-il arrivé à la limite qui lui était assignée, mais pour tous, il était devenu évident que sa carrière était finie. Il occupait un poste important, il faisait toujours partie d’un grand nombre de commissions et de comités, mais il paraissait avoir donné tout ce qu’il pouvait et être de ceux dont on n’attend plus rien. Quoi qu’il dît, ou proposât, on l’écoutait comme quelque chose d’usé et d’inutile. Mais Alexis Alexandrovitch ne le sentait pas ; au contraire, étant écarté de la participation directe dans l’activité gouvernementale, il voyait mieux que jamais les fautes et les erreurs des actes d’autrui, et croyait de son devoir d’indiquer les moyens de les corriger. Peu après sa séparation d’avec sa femme, il se mit à