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superstition de l’enseignement de l’histoire et de la géographie. La vie elle-même, sous ce rapport, en notre temps, est si instructive que si, en effet, les connaissances géographiques et historiques étaient, comme il nous semble, si nécessaires pour le développement général, la vie comblerait toujours ces lacunes.

Et vraiment, si l’on renonce à la vieille superstition, il n’est point terrible de penser que des hommes grandiront, qui n’auront point appris dans leur enfance, qu’il y avait autrefois un Iaroslav, un Othon, et qu’il y a l’Estramadure, etc. On a bien cessé d’apprendre l’astrologie, la rhétorique, la poétique, on cesse d’étudier le latin, et l’humanité n’en devient pas plus sotte. De nouvelles sciences naissent, les sciences naturelles commencent à se vulgariser, il faut que les vieilles sciences, pas les sciences, mais les feuilles des sciences tombent, parce qu’avec la poussée de nouvelles sciences elles deviennent caduques.

C’est tout autre chose d’éveiller chez l’élève l’intérêt de savoir comment l’humanité vit, a vécu, s’est formée et développée, dans les divers États, de le rendre curieux de connaître ces lois par lesquelles l’humanité progresse éternellement, de l’intéresser à la compréhension des lois des phénomènes de la nature par tout le globe et de la distribution du genre humain sur la terre. Il peut être utile d’exciter un intérêt de cette sorte, mais ce ne sont ni les