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primes, des sociétés de propagation de la lecture et de l’écriture, la diffusion des livres, des écoles pour augmenter le nombre des lettrés. Aucun travail ne se rémunère aussi facilement que le travail littéraire. Aucun taux n’est si élevé. Le nombre des ouvrages littéraires croît chaque jour. La faiblesse et la nullité de la littérature augmentent avec la multiplicité de ses produits.

« Mais si le nombre des livres et des revues augmente, si la littérature est si bien payée, alors elle est nécessaire », me diront les gens naïfs. « Alors les monopoles sont nécessaires puisqu’ils rapportent beaucoup ? » répondrai-je. Le succès de la littérature démontrerait la satisfaction des besoins du peuple si seulement tout le peuple y contribuait, mais cela n’est pas, de même que cela n’était pas au temps des monopoles. La littérature, comme les monopoles, n’est qu’une exploitation habile, avantageuse seulement pour ses participants et désavantageuse pour le peuple. Il y a Le Contemporain, La Parole contemporaine, Les Annales contemporaines ; il y a La Parole russe, Le Monde russe, Le Messager russe, Le Temps ; il y a Notre Temps ; il y a l’Aigle, l’Étoile, La Guirlande, Le Lettré, Les Lectures populaires, La Lecture du Peuple ; il y a de certaines paroles en de certaines combinaisons comme titres de revues et de journaux, et toutes ces revues croient fermement qu’elles propagent des idées et des opinions quelconques. Il y a des œuvres de