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cation et qui correspondent aux établissements supérieurs et aux conférences publiques. Tels sont l’enseignement de la lecture et de l’écriture par les camarades et les frères, les jeux d’enfants (nous avons l’intention d’écrire un article spécial sur l’influence éducatrice des jeux), les divers spectacles publics, les tableaux et les livres, les contes et les chansons, la diversité des occupations, et tels sont enfin les essais de l’école de Iasnaïa-Poliana.

La réponse à la première question donne en même temps la réponse à la deuxième : Une telle non-immixtion est-elle possible ? On ne peut prouver théoriquement cette possibilité. La seule chose qui la puisse confirmer, c’est l’observation qui prouve que les hommes pas du tout éduqués, c’est-à-dire qui n’ont subi que l’influence de la libre éducation, les hommes du peuple, sont plus frais, plus forts, plus puissants, plus indépendants, plus justes, plus humains, et, principalement, plus utiles que les hommes éduqués par n’importe quels moyens. Mais cette proposition, pour plusieurs, demande peut-être à être prouvée ? Pour cela il me faudrait écrire encore beaucoup. Je ne citerai qu’une seule preuve : Pourquoi la génération de ceux qu’on éduque ne s’améliore-t-elle pas zoologiquement ? La race des animaux élevés s’améliore, la race des hommes éduqués périclite et s’affaiblit. Prenez au hasard une centaine d’enfants de quelques générations éduquées et une centaine