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cation scolaire s’anéantit. Mais le pédagogue ne voit dans ce phénomène que l’insuffisance du développement de la science et de l’art de la pédagogie et, malgré tout, il lui reconnaît pour but l’éducation des hommes d’après un certain modèle, et non la culture, c’est-à-dire l’étude des moyens par lesquels les hommes s’instruisent, se forment, et l’aide à apporter à ce libre développement. Je suis d’accord que Unterricht, l’étude, l’enseignement, est une partie de Erziehung, l’éducation. Mais la culture comprend l’un et l’autre.

L’éducation n’est pas un objet de pédagogie, mais un des phénomènes que le pédagogue ne peut négliger, et l’objet de la pédagogie ne doit et ne peut être que la culture. La culture, au sens large, c’est, selon nous, la totalité de toutes les influences qui développent l’homme et lui donnent une contemplation du monde plus large et des idées toutes nouvelles. Les jeux, les contraintes, les punitions infligées par les parents, les livres, le travail, l’étude obligatoire et libre, les arts, les sciences, la vie, tout cela instruit, cultive.

En général, la culture se comprend ou comme le résultat de toutes les influences que la vie a sur l’homme (au sens de culture de l’homme nous disons l’homme cultivé), ou comme l’influence elle-même, de toutes les conditions de la vie sur l’homme, (au sens de : la culture d’un Allemand, d’un moujik, d’un seigneur, nous disons : l’homme est ou n’est pas