Page:Tinayre - La femme et son secret, 1933.pdf/16

Cette page a été validée par deux contributeurs.
14
la femme et son secret

du côté de la barbe, même quand les hommes sont rasés.

Les peuples primitifs croient à la primauté du mâle. Que dis-je, « ils croient » ? Ils constatent. Le mâle est plus beau, plus fort, plus redoutable que la femelle, et peut-être plus intelligent, quoique beaucoup moins malin. Chez la femme l’intelligence est une forme de la méchanceté. La meilleure des femmes, c’est la plus docile, la plus féconde, et la plus grasse. Une vache à lait. Opinion de sauvages. Quelques civilisés sont encore un peu sauvages sur ce point.

Tous les primitifs ont donc la même idée sur le droit de l’homme, considéré comme le véritable et unique générateur de l’enfant. Le germe vient de lui. La femme n’est que le berceau de ce germe, et la nourrice. Elle ne donne pas un fils à l’époux qui l’a fécondée. Elle le lui rend — bien accru. Ces bonnes gens ne connaissent pas la physiologie, et la biologie, et la gynécologie, et les révélations du microscope. Ils ont tort, mais avouons que les choses se passent, en apparence, comme s’ils avaient raison.

On sait aujourd’hui que cette apparence est