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« Voulez-vous monter dessus, lui dit le petit Rawdon qui était alors en selle.

— Oui, » dit Georgy.

Le colonel, qui, à la suite des explications précédentes, se sentait pris d’un certain intérêt pour cet enfant, le souleva de terre et le plaça sur le poney, derrière le jeune Rawdon.

« Serrez bien, Georgy, lui dit-il ; prenez bien mon petit garçon par le milieu du corps ; il s’appelle Rawdon. »

Les deux enfants partirent d’un éclat de rire.

« On aurait beau chercher partout, dit alors l’excellent caporal, on ne trouverait pas deux plus jolies têtes. »

En même temps le colonel, le caporal et le vieux Sedley, avec son parapluie sous le bras, commencèrent à marcher à côté des enfants.


CHAPITRE VI.

Une famille dans la gêne.

Suivons le petit George Osborne qui dirige sa promenade à cheval du côté de Fulham ; une fois arrivés dans ce faubourg de Londres, faisons une halte pour nous informer des personnes de notre connaissance que nous y avons laissées. Qu’est devenue mistress Amélia depuis le terrible coup qui la frappa à Waterloo ? Est-elle encore vivante, est-elle consolée ? Qu’est devenu le major Dobbin dont le cabriolet était toujours en route pour aller chez elle ? Trouverons-nous là des nouvelles du collecteur de Boggley-Wollah ?

Quelques mots suffiront pour nous mettre au courant de ce qui concerne ce dernier : le gros Joseph Sedley était retourné dans les Indes peu après sa fuite de Bruxelles ; soit que le temps de son congé fût fini, soit qu’il craignît de rencontrer quelques-uns des témoins de son héroïsme dans les journées de Waterloo. Toujours est-il qu’il repartit pour le Bengale peu après l’installation de Napoléon à Sainte-Hélène et qu’il y rendit visite en passant à l’ex-empereur. À en juger par ce que disait M. Sedley