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de mettre sa livrée avant d’aller ouvrir, vint annoncer dans l’étude que deux messieurs demandaient à voir maître Osborne. Le professeur avait eu le matin même une petite altercation avec son élève à propos de pétards que celui-ci avait fait partir pendant la classe. Mais cette visite inattendue rendit à sa figure sa sérénité et sa bonne humeur habituelle.

« Je vous permets, monsieur Osborne, d’aller voir ces messieurs qui viennent d’arriver en voiture. Présentez-leur mes compliments respectueux, ainsi que ceux de mistress Veal. »

Georgy se rendit au parloir, où il trouva les deux étrangers, qu’il toisa des pieds à la tête, comme à son ordinaire, sans se sentir le moins du monde intimidé. L’un était gras et portait d’épaisses moustaches ; l’autre était maigre et long, avait un habit bleu, la figure noircie par le soleil et les cheveux grisonnants.

« Quelle ressemblance ! fit le monsieur long et maigre avec un mouvement de surprise. Eh bien ! George, nous reconnaissez-vous ? »

La figure du petit garçon se couvrit de rougeur, comme lorsqu’il éprouvait une vive émotion, ses yeux brillèrent d’un éclair d’intelligence.

« Je ne connais pas l’autre, dit-il alors, mais vous, je crois que vous êtes le major Dobbin. »

C’était, en effet, notre ancien ami. Tout ému du plaisir de se voir reconnu, il attira l’enfant vers lui.

« Votre mère vous a donc quelquefois parlé de moi ? lui demanda-t-il.

— Ah ! je crois bien, répondit George, et bien souvent, encore ! »