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Page:Taxil, Révélations complètes sur la franc-maçonnerie, Les frères Trois-Points, 1886, tome 2.djvu/311

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XI

LES SECRETS MAÇONNIQUES




Tout d’abord, je dois prévoir une objection et y répondre. Quelques lecteurs pourraient penser que la divulgation des secrets, qui font l’objet de ce chapitre, sera bientôt de nul effet, la Maçonnerie n’ayant qu’à changer ses mots de passe, mots sacrés, signes, attouchements, etc., dès la publication de cet ouvrage. Qu’on se rassure donc : cette divulgation gênera considérablement la secte ; mais nul Grand-Orient ou Suprême Conseil ne pourra y remédier. En effet, il ne faut pas perdre de vue que ces mots, signes et attouchements secrets sont établis depuis la création de la Franc-Maçonnerie et communs à toutes les Loges et à tous les Chapitres et Aréopages du monde entier. Si, pour la satisfaction de leurs 26,000 membres, les 409 Ateliers maçonniques de France se permettaient de changer quelques-uns de ces secrets convenus et arrêtés entre tous les Ateliers du globe, tous rapports seraient rompus entre les Loges et Arrière-Loges françaises et celles des autres nations. Au surplus, non seulement chaque mot, signe, attouchement, etc., a sa raison d’être particulière et sa signification expresse ; mais encore tous ces secrets se tiennent les uns aux autres, et leur ensemble constitue une véritable organisation, une harmonie immuable. Changer un seul de ces secrets est impossible aux Maçons. Même si (chose inadmissible) tous les Grands-Orients et Suprêmes Conseils du monde se réunissaient en un Convent universel, ils ne pourraient modifier ce qui a été arrêté dès le principe ; il leur faudrait créer de nouvelles légendes pour motiver les nouveaux secrets ; ce serait refondre totalement la Maçonnerie. Or, une telle perturbation des mystères admis entraînerait la dislocation immédiate de la Société.