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Page:Talmeyr - La franc-maçonnerie et la révolution française.djvu/68

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LA FRANC-MAÇONNERIE

Choudieu, plus tard conventionnel et régicide, témoignage que contiennent ses Mémoires récemment publiés, il est permis de croire que Louis XVI n’a jamais donné l’ordre qui tua, ce jour-là, la monarchie française, et que non seulement il ne l’a pas donné, mais qu’il refusa même, par son geste, d’ordonner autre chose que la résistance à outrance. Et Choudieu, en effet, déclare solennellement : « Le Roi n’a point dit, en entendant le premier coup de canon : J’avais défendu de tirer, et je puis attester au contraire que je l’ai vu saisir le fusil d’un de nos grenadiers qui était de faction à la porte de la loge du Logographe. Il se croyait si sûr de la victoire !… Je venais de rentrer dans l’Assemblée, et placé près de la tribune, en face de la loge du Logographe, je puis assurer que personne ne s’est approché du Roi, et que ni M. d’Hervilly, ni qui que ce soit, n’a pu recevoir l’ordre de faire cesser le feu[1] !… »

Mais cet ordre « de cesser le feu », peut-on

  1. Victor Barrucand, Mémoires et notes de Choudieu, p. 148. Paris, Plon-Nourrit, 1897.