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Page:Tailhade - À travers les grouins, 1899.djvu/173

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Un mercanti de littérature industrielle, négociant en contremarques, et gargotier en chef d’une revue sans nom, M. Léon Deschamps (si j’ose m’exprimer ainsi) Deschamps le vrai, le seul, le Géraudel ; celui qui, sous couleur de banquets esthétiques, vendait, naguère, pour dix francs, aux gens de lettres, un dîner de trente sols, partageant la plus-value avec un cafetier du boulevard Michel ; Deschamps qui vécut — telle une ptomaïne — du cercueil de Baudelaire, s’ingénia, voici quelques années, d’une invention merveilleuse.

Paul Verlaine traînait encore, dans les estaminets de la rive gauche, sa gloire, ses douleurs et sa déréliction. Touché par le démon de l’ivrognerie, le pauvre Choulette agonisait. Déjà, les acarus du poème et les sarcoptes de la chronique choisissaient leur morceau du cadavre futur, préludant à cette curée de vermines où le comte Robert de Montesquieu embrassa Bibi-la-Purée.

Deschamps alors imagina de faire consacrer la gloire de Paul Verlaine par les chansonniers qui batifolaient nuitamment au Soleil d’Or.

Joseph Cauquetau sacra « Lélian » prince des Poètes sur l’air du Père la Victoire. Buffalo voua au maître quel-