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Page:Tailhade - À travers les grouins, 1899.djvu/136

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A TRAVERS LES GROUINS

disponibilité. Côte à côte, sur le pied du lit, M. Flamidien, rédacteur en chef à la Revue des Deux-Mondes, et le F. Brunetière, ignorantin, devisent familièrement. Des toiles d’araignées grelottent en haut des plinthes, comme dans le Frisson de Mallarmé.

Flamidien. — Convenez-en, monsieur Brunetière, vous avez manqué d’estomac. Vous avez mal à propos cédé à la crainte des francs-maçons, des libres-penseurs, des athées, des impies, des socialistes et autres juifs. Il fallait faire cette conférence que le bruit suscité par la mort de mon petit amant arrêta de manière inopportune. Il fallait montrer aux âmes irréligieuses l’accord de la Science et des bonnes mœurs qui font l’ornement de la très sainte Église catholique en général et de l’Institut du bienheureux La Salle en particulier. Mais voilà : malgré vos bonnes intentions, malgré votre haine de toute liberté, de toute indépendance, il vous manque un peu de cette mâle vigueur si largement dévolue à notre institution. En un mot comme en dix, vous avez eu la trouille.

Votre organisme se ressent de l’opium élaboré par vous en d’innombrables articles.

L’habitude fâcheuse de prendre des bains a retiré de