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Page:Tailhade - À travers les grouins, 1899.djvu/121

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le front de Déroulède qui, malgré l’héroïsme qu’on lui sait, bondit épouvanté. Des membres de la Ligue préservèrent sa retraite et Marie-Anne, un peu confuse, tendit ses violettes à Drumont qui, du moins, pour la laideur, commémorait Socrate.

— Tout ça n’est pas chouette pour deux ciguës, réitéra Peau-de-Requin, en vidant son petit verre de coca Marinoni. Ces gens-là sont trop poires. Ils font pallas et dix de gueule ; c’est marrant quand on est, comme eux et moi, fils de putain, putain soi-même, forçat ou maquereau. D’ailleurs, la viande kasher me donne envie d’aller au refile.

Ah ! nous aurions besoin d’un beau jeune homme pour en faire notre dieu et « l’aimer comme papa. » Ainsi chantais-je à Saint-Lazare ! Mais le truc du Nazaréen — un joli mec cependant — choit dans la mélasse. Il ne fait même plus rouspéter les flicks. J’ai vu, aux Quat’-z-Arts et ailleurs, le pante Jehan Rictus, un loupiot à l’œil jambonnique. Il affiure des pépètes en faisant Jésus- Christ avec les interjections de Bruant et les mots de Richepin. Il la relève en tombant les vieilles Madeleines ; on le loue comme un