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CHAPITRE I


ACADIE


1672-1713



1672 : Beaubassin fondé. — 1674 : prise de Pentagoët par un flibustier hollandais. — L’Acadie est laissée à elle-même. — 1679 : Port-Royal et Pentagoët au pouvoir des flibustiers. — 1680 : établissement du bassin des Mines ; compagnie de traite et de pêche ; divisions territoriales de l’Acadie. — 1686 : recensement nominal. — 1688 : Pentagoët pillé par les Anglais. — 1689 : prise du fort Loyal, près Portland. — 1690 : les Anglais à Port-Royal. — 1691 : siège de jemsec ; Métis. — 1694 : prise de Pamequid. — 1696 : Destruction de Pamequid ; croisière de Church dans la baie le Fundy. — 1697 : disette générale en Acadie. — 1698 : Chepody fondé. — Les Acadiens sont agriculteurs. — 1703 : attaque de Pentagoët ; prise de Casco. — 1704 : Pamequid rasé. — 1707 ; Port-Royal attaqué. — 1708 : corsaires acadiens. — 1710 : prise de Port-Royal. — 1713 : L’acadie est cédée à l’Angleterre.


R

etournée au pouvoir du gouvernement français, dans le cours des années 1668-1672, l’Acadie ne fut cependant l’objet que de peu d’attention de la part du roi et son développement jusqu’à la fin du siècle est dû au seul mérite de ses colons. Plus que le Canada encore, elle traversa des temps d’épreuves qui la mirent à deux doigts de sa perte, en trois ou quatre occasions, avant que le traité d’Utrecht ne l’eut fait passer sous la couronne anglaise.

Le capitaine de Chambly [1] successeur de M. de Grandfontaine [2], résidait à Pentagoët, le mieux palissadé des forts du pays. La guerre de Hollande (1672) inspira probablement à un corsaire flamand l’idée de représailles, et il attaqua la place (1674) qui, après une courte résistance, dans laquelle M. de Chambly reçut un coup de mousquet, se rendit avec ses trente ou trente-six défenseurs. L’enseigne Saint-Castin amena le pavillon, puis disparut dans les bois avec les Abénaquis. Le pillage terminé, le capitaine flamand, guidé par un Anglais, surprit M. Pierre de Joybert, sieur de Marson de Soulanges, dans le fort de la rivière Saint-Jean et l’amena prisonnier à Boston. L’Acadie se voyait sans protection et livrée à ses seules ressources. M. de Soulanges remplaça M. de Chambly en 1676.

  1. Il avait épousé (et non refusé comme dit un auteur) mademoiselle de Thauvenet, sœur de madame François Hertel.
  2. M. de Grandfontaine avait quitté l’Acadie au mois de mai 1673.