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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/242

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LE RENOUVEAU


 
L’air soupire encor, tout sonore
Du dernier canon qui s’est tu ;
Le sol est tout tremblant encore
Des escadrons qui l’ont battu ;

Il plane encore des fumées
Sur les monceaux de noirs débris ;
Du piétinement des armées
Les champs sont encore meurtris ;

Et déjà, comme les étoiles
Perçant l’infini ténébreux,
Les amours écartent les voiles
Qu’un deuil immense a mis sur eux.

Les amours purs, les amours graves
Des fiancés et des époux,
Accompagnaient au feu les braves,
Menacés par les mêmes coups ;