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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/17

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AMOUR.


ENVOI


 
Faites-vous de ces vers un intime entretien,
Pardonnez-moi tous ceux où, pour la renommée,
J’ai pu chanter l’amour sans vous avoir nommée,
Où j’ai mis plus du cœur des autres que du mien.

Mais à d’autres que vous ceux-ci ne diraient rien :
La tendresse n’est là que pour vous exprimée ;
A peine y verrait-on qu’une femme est aimée,
Car je ne le dis pas ; et vous le sentez bien.

La nuit, quand vous pleurez, la veilleuse d’albâtre
Mêle une lueur douce au feu mourant de l’âtre,
Et ne luit que dans l’ombre, et dès le jour pâlit.

Pareils à la veilleuse et doux comme sa flamme,
Ces vers, faits seulement pour la nuit de votre âme,
Aussitôt pâliront si le monde les lit.