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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/159

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Pauvre fille ! Elle apprend que jeune elle est sans âge ;
Sœur des belles et née avec les mêmes vœux,
Elle a pour ennemi de son cœur son visage,
Et, tout au plus, parmi les compliments d’usage,
Un bon vieillard lui dit qu’elle a de beaux cheveux.

Depuis que j’ai souffert d’une forme charmante,
Je voudrais de mon mal près de toi me guérir,
Enfant qui sais aimer sans jamais être amante,
Ange qui n’es qu’une âme et n’as rien qui tourmente,
Pourquoi suis-je trop jeune encor pour te chérir ?