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Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/114

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Qu’on polisse le rouge antique,
Le turquin bleu, le noir portor
Où serpentent des veines d’or,
Et le cipolin granitique,

L’antin jaune ou couleur de sang,
Le vert de Florence et de Suse,
Celui de Gênes qui ne s’use
Que limé par un bras puissant ;

Qu’ils quittent la nuit des carrières
Pour l’ombre d’un palais chagrin,
J’aime mieux dans l’éther serein
Le marbre blanc, ce lis des pierres !

Jeune, éblouissant, virginal,
Et façonné par le génie,
Il est le seul qui montre unie
La matière au pur idéal !


Villa Borghèse, janvier 1866.