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ÉPILOGUE



 
J’ai conquis l’horizon sur l’ombre et sur le doute,
J’ai surmené mon front, par les veilles jauni ;
Il me semble pourtant que je n’ai pas fini,
Et que j’ai, quand j’arrive, à refaire la route.

Mon cœur et ma raison ne sont plus en conflit :
Pourquoi suis-je anxieux ? moi qui, pour récompense,
Aspirais au repos, comme un pèlerin pense
Au premier bon sommeil dans le premier bon lit !

Ah ! je n’ai mérité ni le lit ni le somme !
J’ai cherché la Justice en rêveur ; et mon but
À la fin du voyage est plus loin qu’au début,
Car je sens qu’il me reste à la poursuivre en homme.