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Quand saurai-je mourir, si, ce soir, je ne l’ose ?
De la molle nuée où tu t’ensevelis,
Douce lune, à mon front forme un coussin d’oublis,
Dût ma pensée y faire une éternelle pause !

À quoi bon remuer le dessous des couleurs ?
Laissons l’âme en un songe abîmer ses douleurs,
Comme l’étang s’azure en déposant sa vase.

Oh ! que j’expire en toi, délivré du soleil !
Il me serait si bon de suivre ton extase,
Emporté sans retour, assoupi sans réveil…




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