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une voix.



Notre sort sera misérable
Aux yeux de nos derniers neveux ;
Pourtant le leur, plus désirable,
N’est jamais l’objet de nos vœux :

C’est que les biens futurs ne peuvent
Nous tenter que s’ils ont des noms ;
Les biens connus seuls nous émeuvent,
Car seuls nous les imaginons.

Plains les morts d’avoir fait la perte
Du pauvre champ qu’ils ont aimé,
Mais non de n’avoir pas semé
La graine après eux découverte.

La richesse des cœurs suffit
De tout temps à dorer la vie !



le chercheur.



Cet or-là fait peu de profit
À la fringale inassouvie !