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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/308

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ENCORE


 
Vous n’avez pas sondé tout l’Océan de l’âme,
O vous qui prétendez en dénombrer les flots !
Qui de vous de tout cœur a pu sentir la flamme
Et de toute poitrine écouter les sanglots ?
Qui de vous a tâté tous les coins de l’abîme
Pour dire : « C’en est fait, l’homme nous est connu ;
Nous savons sa douleur et sa pensée intime,
Et pour nous, les blasés, tout son être est à nu ! »
Ah ! ne vous flattez pas, il pourrait vous surprendre ;
Le voile usé d’un cœur qui vous semble si vieux
Dans un déchirement pourrait vous faire entendre
Un accent inouï qui mouillerait vos yeux !
Et pourquoi voulez-vous que le dernier poète