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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/263

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Où la loi d’un baiser pareil à la colère
Les tient avec fureur et plaisir enchaînés.
La lionne, plaignant son ardeur inutile,
Traîne son cri lascif, et, voyant qu’il la suit,
De ses flancs caressants aux grâces de reptile
L’enveloppe et s’échappe, et l’attire et le fuit.

Et, quand viendra l’instant où le levant se dore
Et sent avec lenteur le soleil approcher,
Le lion montera sur le front d’un rocher
Pour saluer d’en haut la rayonnante aurore.


II


Le soleil cherche en vain le prince des déserts.
Où donc est-il ? Hélas ! il a passé les mers.
Nul combat aujourd’hui, nul amour ne l’enflamme,
Et voici le chagrin qui dévore son âme :
Au lieu de sable rose il trouve des carreaux,
Au lieu d’air sans limite une barrière étroite,