Ouvrir le menu principal

Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/221

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



TOUJOURS


 
Tu seras éternellement,
Qu’on te nomme esprit ou matière ;
Cette vie est un court moment
De l’existence tout entière.

Prends une pierre et brise-la,
Prends les morceaux, mets-les en poudre :
La même pierre est toujours là,
Tu ne peux rien que la dissoudre ;

Livre ton âme à des amours
Qui la brisent et l’exténuent :
Elle demeure, elle est toujours,
Il n’est point de maux qui la tuent.