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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/216

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SUR UN VIEUX TABLEAU


à alfred ruffin


 
C’est, à peu près, Montmartre, en été, les dimanches
      Jérusalem rayonne au loin ;
Les gibets sont bien droits sur des dalles bien blanches ;
      Le brin d’herbe est fait avec soin ;
Un fort joli sentier conduit à la montagne,
      Ceux-ci viennent, ceux-là s’en vont ;
Une fillette a l’air de dire à sa compagne :
      « Viens-tu voir là-haut ce qu’ils font ? »
On sent la cruauté des fêtes triviales :
      Sous les mourants verts et ridés,
Des soldats efflanqués aux lèvres joviales
      Se penchent sur un coup de dés.