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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/195

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MON CIEL


à adolphe lepley


 
J’aime d’un ciel de mai la fraîcheur et la grâce ;
Mais, quand sur l’infini mon cœur a médité,
Je ne peux pas longtemps affronter de l’espace
La grandeur, le silence et l’immobilité.

Pascal sombre et pieux me rend pusillanime,
Il me donne la peur et me laisse effaré
Quand il porte au zénith et lâche dans l’abîme
L’homme superbe et vain, misérable et sacré.

Comme le nouveau-né, dont le regard novice
Dans l’ombre du néant paraît encor nager,
Par un avide instinct s’attache à sa nourrice
Et fuit dans sa poitrine un visage étranger ;