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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/158

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SOLEIL

À CHARLES DEROSNE

Toute haleine s’évanouit,
La terre brûle et voudrait boire,
L’ombre est courte, immobile et noire,
Et la grande route éblouit.

Seules les abeilles vibrantes
Élèvent leurs bourdonnements
Qui semblent, enflés par moments,
Des sons de lyres expirantes.

On les voit, ivres de chaleur,
D’un vol traînant toutes se rendre
Au même tilleul et s’y pendre :
Elles tombent de fleur en fleur.