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Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/126

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Si je pouvais


 
Si je pouvais aller lui dire :
« Elle est à vous et ne m’inspire
Plus rien, même plus d’amitié ;
Je n’en ai plus pour cette ingrate ;
Mais elle est pâle, délicate :
Ayez soin d’elle par pitié.

« Écoutez-moi sans jalousie,
Car l’aile de sa fantaisie
N’a fait, hélas ! que m’effleurer ;
Je sais comment sa main repousse,
Mais pour ceux qu’elle aime elle est douce :
Ne la faites jamais pleurer. »