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Page:Sue - La Bonne aventure, Tome 3, 1851.djvu/95

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chronique amoureuse, en un mot, était la bien-venue ; on ne dédaignait même pas de s’entretenir longuement des impures les plus en vogue, et dans la soirée dont nous parlons, on se disait tout bas, afin que la nouvelle circulât bien haut, que lors d’un des derniers bals de l’Opéra, deux très-grandes dames avaient voulu, par curiosité, aller, en compagnie de leurs amants, souper avec une mademoiselle Moreau, surnommée la Chevrette, et remarquable, disait-on, par son esprit original et sa verve licencieuse ; on parlait même de chansons trop peu gazées, chantées par la Chevrette et écoutées d’ailleurs sans inconvénient par les deux curieuses, qui avaient chastement gardé leur masque durant le souper. Une fois ces thèmes scandaleux donnés, chacun s’escrimait de