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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/86

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blie ou de ceux qui négligeaient de prendre part à ses cérémonies. Il avait, en outre, quelques épithètes favorites qui inspiraient une légitime frayeur à ses connaissances : lorsqu’il ne pouvait pas aller jusqu’à déclarer que telle ou telle mesure « n’était pas anglaise », du moins ne manquait-il pas à la dénoncer comme « n’étant pas pratique ». C’est sous le ban de cette dernière excommunication qu’était tombé son pauvre neveu. La façon dont Gédéon entendait l’étude de la loi avait été décidément reconnue « non pratique » ; et son oncle lui avait en conséquence signifié, au cours d’une bruyante entrevue rythmée avec le gourdin à nœuds, qu’il devait soit trouver au plus vite une ou deux causes à défendre, ou bien se préparer à vivre désormais de ses propres fonds.

Aussi ne s’étonnera-t-on point que Gédéon, malgré une nature plutôt joyeuse, se sentît envahi de mélancolie. Car, d’abord, il n’avait pas le moindre désir de pousser plus loin qu’il n’avait fait déjà l’étude de la loi ; et puis, en supposant même qu’il s’y résignât, il y avait toujours encore une partie du programme qui restait indépendante de sa volonté. Comment trouver des clients, des causes à défendre ? La question était là.

Tout à coup, pendant qu’il se désespérait de ne pouvoir pas la résoudre, il trouva son passage